Blog de François Colas

Ne vous étonnez pas de l'aspect "fourre-tout" de ce blog. Il est comme moi "un et indivisible". Pour le reste, bonne visite sur ce blog. Pour laisser un commentaire, cliquez sur le lien "commentaires" à la fin d'un article et laissez votre commentaire. A bientot...

lundi 9 novembre 2009

Les communs

Le prix Nobel d'économie récompense cette année des chercheurs qui n'ont pas une approche libérale ou néo-classique. C'est assez rare pour le signaler: est-ce un signe des temps? Une des deux théories - celle des "biens communs" développée par Elinor Ostrom – s’intéresse aux «communs », qu’ils soient constitués par des ressources (nappes phréatiques, alpage ou littoral par exemple) et ou un bien collectif à gérer (réseaux d’irrigation, patrimoine historique…). Dans les deux cas, il s'agit pour une communauté donnée de les maintenir en état afin de les transmettre à d’autres sans les épuiser.

Au jour le jour, des décisions prises collectivement guident les choix des gestionnaires. De fait, les communs sont indissociables de la communauté qui a adopté des règles de gouvernance pour atteindre son but. Historiquement, il s’agissait par exemple de champs communaux où chaque paysan faisait paître ses bêtes à tour de rôle. Un étang de pêche, une réserve de chasse ou un réseau de sentiers de randonnée en sont des illustrations plus récentes. On trouve des exemples beaucoup plus d’actualité comme le site web collaboratif Wikipedia ou les logiciels libres, fruits d’une intelligence collective, quasiment impossible sans un fonctionnement en réseau. C’est aussi une source d’apprentissage de la coopération ou de la mutualisation des moyens et des connaissances. La conservation en l’état de ces communs – ou même leur développement dès lors qu’il y a une utilité sociale- suppose une acceptation d’un travail collectif et l’adoption de règles de gouvernance.

On le voit, ces « communs » ne sont pas très loin de ce qu’on connait dans la sphère de l’économie sociale, qu’il s’agisse de coopératives, d’associations ou de mutuelles. La comparaison avec une coopérative de travailleurs (comme les Scop par exemple) parait évidente. Il s’agit ni plus ni moins de conserver un outil de production compétitif. De même, la préoccupation d'une mutuelle d’assurance est de conserver un patrimoine commun (les réserves) à un niveau jugé acceptable par les représentants des sociétaires pour faire face aux risques à venir. Un peu comme ces paysans d’un village, qui devaient veiller à ce que les pâturages communaux permettent de nourrir leurs bêtes pendant une année au moins.

Il nous reste à espérer que ce prix Nobel attirera l’attention sur des modes de gouvernance plus attentifs aux rapports humains, guidés par l’intérêt collectif, et donc par une gestion à long terme. En tout cas, il confirme que ce jury ne consacre plus systématiquement des théories qui font l’apologie de l’intérêt immédiat ou du profit individuel. C’est de bon augure pour les défis qui attendent nos sociétés.

Article initialement écrit pour un site interne de la Macif, puis publié dans le Journal du Palais du 23/11/09.

Pour en savoir plus: http://www.alternatives-economiques.fr/laureats-du-prix---nobel---d-economie-2009---elinor-ostrom-et-olivier-williamson_fr_art_633_44273.html

mardi 15 septembre 2009

V'là le choléra...

Les paroles d'une chanson d'actualité, d'Aristide Bruant:

Paraît qu'on attend l' choléra, la chose est positive.
On n' sait pas quand il arriv'ra,mais on sait qu'il arrive.

Refrain:

V'là l' choléra ! V'là l' choléra ! V'là l' choléra qu'arrive !
De l'une à l'autre rive tout le monde en crèv'ra !
(bis)


Les pharmaciens vont, répétant : il vient ! ... la chose est sûre ;
Ach'tez‐nous du désinfectant...du sulfat', du chlorure.

Refrain

Les sacristains et les abbés rRépètent des cantiques
Pour attirer les macchabé's dans leurs sacré's boutiques.

Refrain

On rassemble des capitaux pour fabriquer des bières.
On vendra des cercueils, en gros, à la port' des cim'tières.

Refrain

Tous les matins, avant midi, dans une immense fosse,
On apport'ra les refroidis qu'on empil'ra par grosse

Refrain

L'bon Dieu, du haut du Sacré‐Coeur, chante, avec tout' sa clique,
Et les cagots reprenn'nt en choeur : crève la République ! ! !

Refrain

samedi 29 août 2009

Voyage en Italie


Quelques souvenirs de 3 semaines passées en Italie.

A l'aller, une halte touristiques sur la côte ligure, dans les Cinque-Terre, une péninsule de 5 villages coupés du monde (mais pas du tourisme, puisqu'on y était). Un gite trouvé à la dernière minute, le Borgo de Campi, où on décide finalement de rester deux jours (ces quelques photos prises de la terrasse vous en donneront une idée!).





Une escapade dans le village voisin de Rio Maggiore, avant de visiter les autres villages (en train, la voiture étant déconseillée!).



Une autre visite aux carrières de marbre de Carrare, qui ont notamment servi à Michel Ange pour ses statues.



Une halte quasi-obligée à Pise (nous confirmons que la tour n'est pas encore tombée), puis 3 semaines de farniente dans la maison familiale de Marie-Christine à Santopadre au pied des Abruzzes. Farniente relative, car j'ai commencé à débroussailler un chemin abandonné, qui descend de Mele jusqu'à la vallée de la Melfa.


Nous sommes aussi allés en pèlerinage: deux nuits de marche jusqu'au sanctuaire de la Madonna di Canneto.



Puis retour par Florence, encore une fois, un hotel charmant trouvé au dernier moment, l'Hotel California, à deux pas du dôme...

jeudi 2 juillet 2009

Le trou de la sécu

Vous trouverez ci-dessous un texte reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur, chercheur à l'Institut de recherches économiques et sociales ( IRES), Pierre Volovitch. Ce texte date un peu mais répond à pas mal de questions que certains se posent sur le "trou de la Sécu". Et à mon avis il est toujours d'actualité.

Circule depuis quelques mois sur internet un argumentaire qui explique qu’il n’y a pas de « trou de la Sécu ».

Si ce que veulent dire les auteurs de cet argumentaire c’est que les comptes de la sécurité sociale sont illisibles car ils sont le résultat de manipulations diverses et variées de la part de l’Etat en fonction de ses besoins de trésorerie ils ont raison. Oui, chaque année (en fonction d’un principe qui est celui de « l’annualité budgétaire ») l’Etat peut décider que telle recette fiscale, sur le tabac, l’alcool, les taxes d’assurances… qui l’an dernier était affectée à la CNAM sera cette année affectée à la CNAF, ou au fonds de solidarité vieillesse, ou au compte d’un autre régime de sécurité sociale ou d’une des nombreuses structures plus ou moins autonomes qui se baladent dans le secteur. Et cette décision l’Etat pour la prendre pour la totalité de la recette ou pour une fraction de la recette (20%, 30%…) ce qui permet de rendre la chose encore moins lisible. Oui la complexité et l’obscurité des comptes posent un vrai problème démocratique.

Si ce que veulent dire les auteurs de cet argumentaire c’est que le trou est le résultat d’un choix politique ils ont encore raison. On peut (techniquement) décider d’augmenter la CSG, les cotisations patronales (avec la même assiette ou en changeant d’assiette), créer une taxe nouvelle ou affecter une ancienne à la Sécu. Le déficit auquel on arrive est évidemment un affichage qui résulte d’un choix. Il n’y a ici aucune fatalité. Mais ce qui devient intéressant ici c’est de comprendre pourquoi ce choix là est fait et pas un autre.

Mais si ce que veulent dire les auteurs de cet argumentaire c’est qu’il n’y a pas de problème de financement de la protection sociale alors ça devient curieux. La protection sociale est financée très largement, et certains d’entre nous y tiennent avec juste raison, sur la base de la partie de la richesse nationale qui va au travail. Or le chômage et les politiques menées depuis une vingtaine d’année ont réduit de manière importante la part de la richesse nationale qui va au travail (salaires et cotisations sociale). Cette réduction n’aurait aucun impact sur le financement de la protection sociale ? 30 ans de crise et de politiques néo-libérales et la question du financement de la protection sociale pourraient se résoudre par des modifications de circuits financiers ?

Mais si ce que veulent dire les auteurs de cet argumentaire c’est qu’il suffit de remettre des sous dans la machine pour que tout aille bien alors là c’est carrément scandaleux. 60 ans après la mise en place de l’assurance maladie en France les inégalités sociales de santé demeurent. Les écarts de durée de vie entre ouvrier et cadres ré-augmentent. L’état sanitaire des dents des enfants est à ce point lié à la catégorie sociale de leur père qu’il suffit d’ouvrir la bouche d’un gamin pour connaître, à partir du nombre de carie, l’occupation professionnelle de son père. L’obésité monte partout, mais elle est dix fois plus importante pour les enfants d’ouvriers que pour les enfants de cadre. Et pour résoudre ces problèmes il suffirait de remettre de l’argent dans le système sans se poser la question de l’organisation même du système. On a augmenté les tarifs de consultations des toubibs, ça faisait de la dépense en plus, en quoi cet argent dépensé en plus permettait-il d’améliorer le fonctionnement du système de soins ? Les dépenses de soins ont ces dernières années augmentées à des rythmes supérieurs à 4% par an, 6% certaines années, alors que les plus optimistes en matière de croissance espèrent atteindre 2.5% ou 3%. L’évolution des dépenses de santé ne poserait aucune question ?

Pour imposer sa réforme Douste Blazy a dramatisé en dehors de toute proportion un déficit largement construit par des décisions politiques du gouvernement auquel il appartenait. Parler du déficit était le moyen de ne pas parler des vraies questions qui sont comment organiser mieux notre système de soins, comment en particulier l’organiser pour que les inégalités sociales de santé diminue. Ce qui suppose de se poser des questions sur le mode et le niveau de rémunération des professionnels, sur les règles de leur installation, sur le contenu de leur formation…

Les auteurs de l’argumentaire qui prétend qu’il n’y a pas de déficit en se focalisant sur le déficit tombent dans le panneau de Douste Blazy. Ils deviennent des spécialistes de la lecture des tuyauteries, il est vrai assez démentes, du financement de l’assurance maladie. Remontent les tuyaux dans l’autre sens et finissent par s’auto-persuader qu’il n’y a aucun problème. Pas de question à se poser sur le partage de la richesse nationale, pas de question à se poser sur l’organisation du système de soins, pas des questions à se poser sur les professionnels du soin, juste une taxe sur le tabac à déplacer, un retard de paiement à apurer… Nous sommes réellement au fond du trou.

Pierre VOLOVITCH
Octobre 2005 (première version)
Janvier 2006 (version actuelle)

mercredi 17 juin 2009

Prochains concerts de Monsieur Paul

Monsieur Paul et ses Motifs de satisfaction se produisent deux fois avant la fin de l'été: ce samedi 20 juin aux Indems Café et le vendredi 26 juin au Palais bar.

Les Indems Café, 20 juin à 21 h, entrée libre, 144 rue de Bagnolet, Paris 20°


Palais Bar, 26 juin, à 21 h 30 ( YeSeNia ouvrira les festivités à 20 h30), 39 rue des Petites Ecuries, Paris 10°

Plus de détails sur myspace .

samedi 18 avril 2009

Demenagement


Demain, déménagement!! Déjà quelques photos du nouvel appart, à deux pas de la basilique, à Beaune. Une vue du salon...

Une vue du jardin.

Et enfin une vue de la courette.

A très bientôt pour la crémaillère!

vendredi 17 avril 2009

Sofie

Vous avez surement entendu la nouvelles, noyée parmi d’autres informations: une avalanche a emporté 3 victimes dans le Queyras ce lundi de Pâques. Sofie était parmi ces 3 skieurs.

Mais que les informations sont dures à entendre lorsqu'on sait de qui il s'agit! Trésorière de l’association Camp to camp, elle faisait partie de ces bénévoles qui ont retroussé les manches pour mettre sur pied ce site qui permet aux passionnés de montagne de se connaitre et de se rencontrer. La liste des messages de soutien montre à quel point Sofie, que je n’ai rencontré que deux fois, était une personne attachante. Une des travailleuses de l’ombre qui, entre deux sorties en montagne, trouvait du temps pour faire vivre cette association, et grâce à qui tant de vraies amitiés ont pu naître.

Le massif du Pilat, les falaises de Doizieux, le festival Jazz à Vienne… Autant d’endroits où je sais que nous nous sommes peut être croisés, et où je suis certain que nous te retrouverons, Sofie ...

jeudi 12 février 2009

Concert de Monsieur Paul du 31 janvier

Souvenir du dernier concert de Monsieur Paul

"Les amis sont partis":
http://www.youtube.com/watch?v=cHfMcQvM6ok

"Les infidèles" (très R'n'R!!)
http://www.youtube.com/watch?v=XecdYroafQk

Et en final, un nouveau morceau, "Les infidèles":

lundi 26 janvier 2009

Un tour sur la planète bleue

Je tiens à vous faire profiter du blog de Raph, parti cet été avec un pote pour un tour du monde au long cours.
Ils sont actuellement au Vietnam:
www.tourderoux.blogspot.com/
Comme il le disent en exergue, "Profitons-en tant qu'elle est encore bleue"...
Bon voyage, Raph !


dimanche 18 janvier 2009

The Romanee Counteez

Un groupe dijonnais à découvrir.
Des gens dont les noms de scène sont Fredie Mercurey, Jaco Passetougrains, Fernand Vergelesses, Claude Vougeot ou Gilbert Montagny ne peuvent pas être totalement mauvais.
Dégustez sans modération leur CD édité par Barry Wine et Soaf Records, avec la bénédiction de Wilson Piquette, Axl Rosé ou Phil Oxera:

A la votre!
http://www.myspace.com/theromaneecounteez